Study Visit Athènes 2026 : comment la Grèce réinvente l’inspection du travail à l’ère numérique
Du 10 au 12 février 2026, une délégation belge du SIRS, de l’ONSS et du Contrôle des lois sociales (TSW) s’est rendue à Athènes pour une visite d’étude auprès de la Hellenic Labour Inspectorate (HLI).
Ce que nous y avons vu est impressionnant : un écosystème entièrement numérique qui transforme en profondeur la manière dont un pays contrôle son marché du travail.

1) ERGANI II : une vision en temps réel du marché du travail
En Grèce, ERGANI II enregistre en temps réel chaque pointage d’entrée et de sortie, chaque changement contractuel et chaque horaire de travail.
➡️ Conséquence : plus de paperasse, moins de zones grises, et beaucoup moins de possibilités de manipulation.
➡️ Impact : davantage de prestations effectivement enregistrées, plus de transparence et une meilleure protection des travailleurs.
2) Des inspections « en un clic »
Les inspecteurs travaillent avec des tablettes qui leur permettent de :
- chercher une entreprise ;
- vérifier les travailleurs présents ;
- sélectionner les infractions constatées ;
- générer immédiatement les documents officiels ;
- notifier l’employeur sur place de manière digitale.
Ici, la digitalisation n’est pas un accessoire : elle est le cœur de l’inspection.

3) Risk analysis & Business Intelligence
La HLI utilise un modèle d’analyse de risques puissant qui apprend en continu à partir des données.
Les inspections deviennent plus ciblées, plus data‑driven et plus efficaces.
➡️ Résultat : moins de temps perdu, plus d’impact.
4) Le nudging comme nouvel instrument de conformité
La Grèce envoie des nudge letters : des courriers numériques ciblés aux entreprises présentant un risque accru de non‑conformité.
➡️ Effet : des taux de mise en conformité élevés, moins de résistance et un dialogue plus constructif avec les employeurs.
5) L’inspiration européenne fonctionne
Cette visite confirme que la coopération internationale fait réellement la différence.
Les défis liés à la fraude sociale ne s’arrêtent pas aux frontières — et les solutions non plus.

6) La contribution belge : une expertise qui compte
Outre l’apprentissage, la délégation belge a apporté des savoir‑faire concrets très appréciés par nos partenaires grecs :
- Le CLS – Contrôle des lois sociales : présentation de son organisation, de ses méthodes d’inspection et de son approche multidisciplinaire, où la coopération inter‑administrations est centrale.
- L’ONSS : partage d’expertise sur les bases de données et obligations déclaratives — notamment Limosa, Dimona et Checkin@Work — avec une démonstration de MyDia.
Accès en temps réel aux données de sécurité sociale : les inspecteurs peuvent consulter via smartphone les informations les plus récentes, y compris dans des contextes difficiles (p. ex. chantiers), ce qui renforce nettement l’efficacité opérationnelle.
- Le SIRS : mise en avant de la communication stratégique, des flash actions, des interventions conjointes et des partenariats comme leviers d’une lutte plus cohérente et plus efficace contre la fraude sociale.
Cette perspective belge a nourri un dialogue fructueux sur la manière dont les systèmes européens peuvent se renforcer mutuellement.
Conclusion
Nous revenons avec des idées concrètes et une conviction :
l’avenir de l’inspection du travail est numérique, intelligent et centré sur l’humain.
Un grand merci à nos collègues grecs pour leur accueil chaleureux, leur transparence et leurs exemples inspirants.
Ensemble, construisons un marché du travail plus équitable en Europe.